Sentiers d'interprétation

Si les recherches préventives permettent de documenter des vestiges archéologiques avant leur destruction, de nombreux sites patrimoniaux sont conservés sur le territoire alsacien et font parfois l'objet de recherches ou de programmes de restauration. Archéologie Alsace a pour vocation d'accompagner les collectivités dans cette démarche et a collaboré à plusieurs projets de valorisation.

À Thann, le château de l'Engelbourg

Le château de l’Engelbourg se situe à l’extrémité sud du massif vosgien, en surplomb de la vallée de la Thur et la ville de Thann. Construit au 13ème siècle par les comtes de Ferrette, il contrôlait l’accès vers le col de Bussang, passage important entre l’Alsace et la Lorraine, et veillait sur le péage de la route commerciale reliant l’Italie aux Flandres.

Aujourd’hui, le site est caractérisé par un spectaculaire vestige de maçonnerie appelé l'« Œil de la Sorcière », issu de l’effondrement d’un segment de la tour-maîtresse détruite en 1673 sous Louis XIV, en même temps que le reste de la place.

Associé depuis 2010 aux travaux de dégagement des vestiges du château, Archéologie Alsace a été sollicité pour un accompagnement dans la mise en valeur des ruines. En partenariat avec la Ville de Thann, la Communauté de Communes de Thann - Cernay, l'Office de tourisme du Pays de Thann et les Monuments historiques, un sentier d'interprétation a été inauguré en 2014, bénéficiant du soutien de l'Union européenne.

Ce parcours est composé de 10 panneaux, implantés le long de l'itinéraire qui mène du centre-ville au château. Il a pour objectif de présenter l’ancien château, son rôle pour la ville et dans la vallée de Thann. Les informations se basent sur les recherches archéologiques anciennes et récentes ainsi que sur les témoignages fournis par les archives. Des restitutions ont été dessinées afin de rendre plus explicites les ruines aujourd'hui peu lisibles. De par sa position topographique, sa vue sur la vallée rhénane et sur la ville, le château est aujourd'hui un site touristique fréquenté ; les informations sont disponibles en version trilingue (français, anglais, allemand).


À Châtenois, le quartier du Château

Le quartier dit "du château" de Châtenois, également appelé "ancien cimetière fortifié", se situe au sud-ouest de la commune, sur le piémont des collines sous-vosgiennes. Il est isolé par une double enceinte, chacune bordée par un fossé.

La première date du courant du 13ème siècle et couvre une superficie de 9600 m². Elle est occupée par un habitat dense ainsi que par une zone de jardins au nord-est, rattachée au presbytère bâti au 18ème siècle. La seconde enceinte est construite au début du 15ème siècle ; elle reprend et consolide le plan de la première.

Consciente de sa richesse architecturale et historique, la Commune de Châtenois développe depuis 2000 un projet de valorisation du site fortifié qui doit permettre à la fois son étude historique et archéologique ainsi que la réhabilitation de ses édifices. Les fouilles menées depuis 2002 dans l'ancien jardin du presbytère s’inscrivent dans cette perspective (voir la page).

Parallèlement à l'organisation régulière de visites du chantier de fouille et d'expositions des objets découverts, Archéologie Alsace a accompagné la Commune de Châtenois et la Communauté de Communes de Sélestat dans la réalisation d'un sentier d'interprétation.

Ce circuit, mis en place en 2010, est composé de 9 panneaux thématiques qui proposent une lecture in-situ des vestiges encore visibles à l'intérieur du quartier et le long des remparts. Les résultats des fouilles y sont progressivement intégrés, à mesure de l'avancement des recherches. Le site est fréquenté par de nombreux visiteurs, notamment au printemps à l'occasion de la Fête des Remparts, ainsi que par des touristes pour lesquels une traduction des textes (anglais, allemand) a été réalisée.


À Mackwiller, des vestiges gallo-romains

La commune de Mackwiller témoigne de nombreux vestiges gallo-romains : de vastes thermes qui semblent reliés à un complexe (19ème s.), un sanctuaire dédié au culte de Mithra où ont été découverts les fragments d'un grand relief sculpté (1955), un mausolée à proximité des bains (1966). Des blocs de pierre provenant d’un édifice monumental antique ont par ailleurs servi à la construction de l’église protestante.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, la Société pour la conservation des Monuments Historiques d’Alsace entreprend la restauration et l’entretien des maçonneries des thermes, les recouvrant parfois sous une chape de béton. Des mesures de protection juridique sont prises par l’État (classement en 1875, sous gouvernement allemand, puis en 1930). Enfin, le Département du Bas-Rhin acquiert les terrains des thermes et du mausolée (en 1970 et 1988).

Paradoxalement à la richesse et à la diversité de ces découvertes, exceptionnelles dans la région, la connaissance de ce site reste encore lacunaire.

La valorisation et la connaissance de ce site constituent un enjeu patrimonial important : le Département du Bas-Rhin impulse un programme d'intervention en 2003. Il est demandé à Archéologie Alsace de réaliser un bilan des connaissances, d'entreprendre des recherches complémentaires (sondage, prospection géophysique, relevé photogramétrique), de sécuriser les vestiges et de concevoir un aménagement paysager.

Un circuit de visite intégrant des panneaux d'interprétation a été implanté à proximité des vestiges et s'est accompagné de la réalisation d'animations à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, ainsi que d'un travail avec les établissements scolaires de la commune.


Arrière-plan : © Archéologie Alsace

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