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L'aube de l'histoire d'Ostheim, fragments de connaissance par l'archéologie

Conférence -  le 24.02.2017  -

En préalable à l’aménagement d’une zone d’activité à Ostheim, une fouille archéologique menée par Archéologie Alsace en 2008 a révélé des traces de l’histoire de la commune, de la fin de la Préhistoire à la Seconde Guerre mondiale.

La plus ancienne découverte faite sur le site remonte au Néolithique (5400-2200 av. J.-C.), dernière période de la Préhistoire. Il s’agit d’une lame de hache en jadéitite, servant à l’abattage d’arbres en forêt. Elle provient probablement du Mont Viso, pic alpin situé à la frontière franco-italienne.

Plusieurs pratiques funéraires datant de la Protohistoire (2200-50 av. J.-C.), période intermédiaire entre la Préhistoire et l’arrivée de l’écriture en Gaule, ont pu être observées sur le site, passant de l’inhumation, dépose du corps en pleine terre, à l’incinération, pot enterré contenant les restes calcinés du défunt.

Le site continue d’être occupé jusqu’à la fin de cette période, comme en témoigne la découverte de bâtiments sur poteaux et de plusieurs fosses, dont deux remarquables.

Au haut Moyen Âge (du 6ème au 9ème s.) un établissement rural enclos est implanté dans la zone humide, en bordure d’un ancien chenal de la Fecht. Il comprend des bâtiments de plain-pied, des cabanes semi-enterrées, un puits et quinze sépultures.
Dans la plus grande fosse du site ont été découverts 545 ossements d’animaux, certains provenant d’animaux domestiques consommés tels que le bœuf, le porc ou le mouton. D’autres sont issus de la faune sauvage : pauroch, élan, cerf, sanglier. À cette période, la pratique de la chasse des cervidés ou des aurochs était généralement réservée à une élite sociale. Ceci, couplé à leur consommation importante dans un court laps de temps ainsi que la proximité d’un établissement rural, laissent supposer qu’il s’agirait des restes d’un banquet organisé dans un domaine seigneurial ayant servi d’accueil à une « expédition » de chasse aristocratique.

Le site est ensuite abandonné ou dédié à l’agriculture. Les derniers vestiges contemporains témoignent des violents combats lors de la libération de la « poche de Colmar » au cours de l’hiver 1944-45.

La conférence sera menée par Matthieu Fuchs, directeur général d'Archéologie Alsace, le vendredi 24 février à 20h.

INFOS PRATIQUES

Salle communale localiser
12 rue des Écoles - 68150 Ostheim

Illustration P.-Y. Videlier © Archéologie Alsace